31 mars 2009
Marcel Poisson
1132 jours avant la fin de bruni
Marcel Poisson
Nicolas bruni va démissionner. Conscient de son impopularité grandissante et convaincu qu’il ne peut plus utiliser les artifices de communication dont il s’est tant repu ces dernières années, il préfère jeter l’éponge plutôt que de se ramasser une veste aux prochaines présidentielles. Sa majorité qui ne tenait plus que par des bouts de chandelles part avec lui a vau-l’eau. Le parti socialiste impuissant à trouver le début du commencement d’un programme après moult débats a opté pour se fondre dans une grande alliance de gauche basée sur un programme social dans lequel se sont retrouvés bien des orphelins d’une période qu’on croyait révolue. Autour d’idées idée somme toute assez simples fondées sur des valeurs de partage des richesses, de solidarité, d’économie régulée, d’écologie raisonnée… la République va peut-être enfin retrouver un second souffle et même d’une sixième vie. L’idée que la sixième république sera sociale ou ne sera pas prend alors du sens et donne une nouvelle espérance. Evidemment Marcel Poisson d’avril me sert utilement pour satisfaire ce vieux fantasme qui va encore me tenir au bas mot 1132 jours. Cela dit, même si Mr Bruni n’est pas prêt à rendre son tablier, il pourrait être temps que l’idée d’une sixième République basée sur autre chose que le pouvoir personne d’un monarque, fut-il en talonnette, puisse prendre un certain essor. La crise économique financière et maintenant sociale que nous connaissons devrait nous inciter à réfléchir autrement. Quant aux pisses-vinaigres qui en lisant ces lignes vont encore penser que je rêve ou pire que je délire, je leur rappelle avec toute l’humilité dû à leur grande sagacité, que si il y a 8 mois j’avais écrit que le système financier mondial allait être nationalisé par des capitaux phénoménaux mis sur la table par les Etats, et si j’vais écris que Général Motors et Chrysler serait en faillite…. on m’aurait traité dans le meilleur des cas de grand blagueur et dans le pire de fou !
Bloc, le 1er avril 2009
30 mars 2009
Jacques Delors
1133 jours avant la fin de Bruni
Jacques Delors
Homme de référence en politique en France il est désormais un peu comme un oracle en train de distribuer bons et mauvais points à ceux qui fréquemment lui demande qui une onction qui un conseil. Jacques Delors aurait très vraisemblablement été élu à la présidentielle de 1995 si il s’y était présenté. Mais analysant qu’il n’aurait pas les moyens de mettre en œuvre la politique qu’il voulait il a préféré y renoncer. Catholique de gauche et grand réformateur, Jacques Delors est d’abord et avant tout un européen convaincu. Contrairement a ce qui est dit ici ou là, il n’a pas été un grand ministre de l’économie, mais a été au moment où il l’a été, le meilleur animateur de l’union européenne. Ce qui, à mon sens est marquant chez Delors, c’est sa volonté systématique de mettre le social et la solidarité au cœur du débat politique. Il n’est au demeurant pas le père de la loi sur la formation professionnelle de 1971 pour rien. Pour autant, sa vision de la société très emprunte de l’école de Fourrier, père du Phalanstère » le rend parfois assez « jésuite » dans ses propos et propositions. Cela dit il fait partie des hommes politiques dont l’éthique est réelle dont on a un peu cassé le moule ces derniers temps. S’il en est un qui se situe aux antipodes de Mr Bruni et de sa clique du Fouquet’s, c’est bien jacques Delors. Jacques Delors, père d’une certaine vision de la politique et accessoirement aussi de Martine Aubry… mais comme on le dit souvent, on ne choisit pas sa famille !
Bloc, le 31 mars 2009
29 mars 2009
Le dormeur du val
1134 jours avant la fin de Bruni
Le dormeur du val
J’utilise honteusement celui qu’Arthur Rimbaud a mis en scène dans l’un des plus beaux sonnets jamais écrit pour pousser un coup de gueule contre cette absurdité qu’est l’heure d’été. A l’époque où
« Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut »
agonisait au bord d’un champ de bataille, on vivait peu ou prou à l’heure du soleil. Ne cherchez pas dans mes propos quelque nostalgie d’un autre temps que du reste je n’ai pas connu. En revanche, entendez dans mes propos cette colère contre un système absurde qui 7 mois de l’année nous décale de deux heures de l’heure solaire, c'est-à-dire du véritable temps. Tout ce que l’on nous raconte en matière d’économie d’énergie est absurde est faux. Tout ce qu’on nous dit en matière de meilleure utilisation des périodes diurne est faux. On pourrait tout aussi bien utiliser les périodes de jour en décrétant simplement que l’on commence nous journées plus tôt. Pourquoi donc faut-il tricher avec le temps pour satisfaire un besoin que naturellement on pourrait traiter autrement ? En tout cas pour les pauvres bougres qui ont une horloge biologique bien réglée, commence la période des levées difficiles ! Belle époque que nous vivons là, mais bon un gros millier de jours et les horaires d’été me paraîtrons moins dure à vivre !
Bloc, le 30 mars 2009
27 mars 2009
DSK
1137 jours avant la fin de Bruni
DSK
Il faut sauver le capitalisme ! Telle est en substance le mandat de DSK en tant que directeur général du FMI. Et ce petit soldat discipliné et convaincu de la quête qui est la sienne est parti en croisade du sauvetage de ce capitalisme dont pourtant il n’y a pas encore si longtemps il vilipendait les dérives et la cécité. Certes, DSK vous dirait que l’on peut changer et réguler ce capitalisme devenu fou, mais on mesure mieux les parole de qui que ce soit aux actes qui suivent, et il faut bine convenir que pour le moment, le sauvetage du capitalisme par le FMI s’apparente plus à l’injection de fonds massifs pour tenter de sortir les banques et les états en banqueroute de l’ornière dans laquelle ils se sont méthodiquement vautrés. Mais nous jugerons sur la longueur et verrons bien d’ici quelques mois ou années ce qui a changé sous le soleil de Wall Street. D’ici quelque mois ou année disais-je car le mandat de DG du FMI n’est pas éternel et notre international DSK a fort probablement dans son viseur personnel le compteur qui tourbe en haut à droite. Il ne fait guère de doute que le moment venu, notre cher DSK abandonnera son profil international pour enfiler un complet veston tricolore en tentant d’obtenir l’autorisation du PS d’être le candidat à l’investiture présidentielle. Deux conditions devront cependant être remplies, la première est certes mesquine mais pour autant bine réelle, il lui faudra ingurgiter du bromure pour mettre en sourdine les quelques pulsions qui pourraient lui causer bien des tracas, la seconde tout autant mesquine n’en est pas moins tout autant réelle, pour être candidat du PS dans trois ans il faudrait que le PS soit encore là et entier, et là le combat semble aussi ardu que celui pour sauver le capitalisme !
Bloc, le 27 mars 2009
25 mars 2009
Nicolas Bruni
1138 jours avant la fin de Bruni
Nicolas Bruni
Le mari de madame Sarkozy n’en finit plus avec ses discours de campagne. A Saint Quentin dans l’Aisne, faute de bilan flatteur, ou à tout le moins en line avec les promesses qu’il avait martelé avant que d’être élu, le voilà contraint de revenir sur ses bases habituelles. Il y est encore allé du concept quelque peu éculé « la première liberté c’est la sécurité », concept qui a fait son heure de gloire lorsqu’il était ministre de l’intérieur et que la crise économique ne faisait pas encore ses ravages sociaux. Au demeurant il a axé son intervention autour de celle qu’aurait pu faire le premier ministre venu, mais incontestablement pas de président que pour notre malheur il est. Il persiste et signe dans ses errements autour du bouclier fiscal, autour du refus incompréhensible de mettre ne place un véritable plan de relance de la consommation. Mr Bruni reste fidèle à lui-même, perclus dans les mêmes certitudes qui l’ont empêché d’intervenir sur le bon tempo au moment des prémices de la crise. Certes, son discours est bine rodé, mais comment voulez-vous qu’il soit un minimum crédible lorsqu’il poursuit dans son entêtement autour des heures supplémentaires au moment où le chômage refait des ravages ? Comment voulez-vous qu’il soit crédible lorsqu’il parle de réindustrialisastion alors même que la question qui est posée n’est pas tant celle de l’industrie, mais des stratégies politiques qui ont conduit durant des décennies la France à perdre son potentiel industriel et les emplois qui vont avec ? Ce n’est pas d’industrie qu’il faudrait changer, mais des industriels qui sont devenus des financiers oubliant au passage qu’ils ont méthodiquement scié la branche sur laquelle des millions de salariés étaient assis. Mr Bruni a terminé son discours par cette phrase « J’ai confiance, je vous demande d’avoir confiance » ! Partant du principe que la confiance ne se décrète pas, je réponds que n’ayant jamais eu confiance en lui, j’en ai encore moins aujourd’hui, et finalement le seul élément tangible, c’est le compteur qui tourbe en haut à droite de cette chronique !
Bloc, le 26 mars 2009
24 mars 2009
Alain Minc
1139 jours avant la fin de Bruni
Alain Minc
Autistes à courte vue ! C’est ainsi, dans un papier paru dans la Figaro, qu’Alain Minc traite les patrons français. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère, ce cher Minc, grand conseiller politique de tout ce qui est libéral. Il y va d’autant moins avec le dos de la cuillère qu’il est probablement réellement affligé de voir « ses amis » patrons perdre ainsi la mesure et s’enfermer dans une implacable logique qui les (nous) amènent dans le précipice. Alain Minc, est un homme d’une rare intelligence, ce qui prouve que l’on peut être libéral et réfléchir, et que l’ENA dont il est un pur produit (major de la promotion Léon Blum
Bloc, le 25 mars 2009
23 mars 2009
Joseph Ratzinger
1140 jours avant la fin de Bruni
Joseph Ratzinger
C’est comme cela que s’appelle celui qui siège au Vatican. En l’occurrence, pour l’humanité, il est souhaitable que cet éminent théologien qu’est Joseph Ratzinger retourne à ses chères études et laisse d’autres que lui gérer « l’infaillibilité papale ». Car enfin, après avoir réintégré au sein de l’église ce qui se fait de pire en matière de négationnisme, voilà que le pape fait de la rhétorique autour du préservatif et du SIDA, au moment même où il était au Cameroun sur un continent où le virus fait des ravages. Son prédécesseur ne faisait déjà pas dans la dentelle de ce côté-là, mais au moins mesurait-il les effets de ses paroles et de ces prêches et les équilibraient-ils plus ou moins maladroitement avec d’autres. Lui, Joseph, semble se nourrir de bible et d’eau fraîche et vivre ailleurs. Trop, c’est trop ! Que Joseph se contente-don d’être un pasteur, fut-ce le premier d’entre eux et qu’il se contente de faire ce pourquoi il est fait et non d’intervenir n’importe comment sur des sujets dont il ne maitrise pas le début du commencement. Lorsque la parole d’un pape peut tuer, le pape doit la fermer, c’est aussi simple que cela ! Joseph Ratzinger est trop cultivé pour ne pas prendre la mesure de ce qu’il dit, il en est donc, a mon sens pleinement responsable. Personne ne l’empêche de penser ce qu’il veut, mais comme pape et chef d’Etat, il est d’évidence des lignes interdites qu’il passe son temps à franchir. Quand on sait par ailleurs que ses seuls soutiens se comptent dabs les rangs de l’extrême-droite, on arrive vite à la conclusion que si Joseph Ratzinger veut être utile à l’église, il est urgent qu’il tire sa révérence et qu’il aille faire part de son infaillibilité civile là où il l’entendra !
Bloc, le 24 mars 2009
22 mars 2009
Dieudonné
1141 jours avant la fin de Bruni
Dieudonné
Lui fait partie des humoristes qui ne font plus rire grand monde. Ce qui prouve que l’on peut être black et à côté de ses pompes ! Dieudonné est donc depuis la semaine dernière candidat aux européennes sur une liste anti-communautariste et antisioniste. Il devrait en toute bonne logique obtenir les suffrages de quelques fachos notoires, et obtenir au passage l’adoubement de Le Pen ce qui prouve à qui ne l’aurait pas encore compris que Dieudonné n’est pas rentré dans un délire psycho-socio-politico raciste, mais qu’il est en fait tout simplement un militant d’extrême droite, digne de la grande famille de l’extrême-droite française. Derrière un discours antisémite qui se veut militant contre le sionisme, derrière un autre discours contre les communautarismes qui n’est ne plus ni moins l’expression du front national sur ces questions, Dieudonné est en fait le militant d’une cause indigne et d’un combat heureusement perdu d’avance, mais surtout un combat idéologique qui ne dit pas son nom. Pour Dieudonné, le racisme le plus crasse est derrière chaque mot et chaque idée, et son prétendu humour ne suffit pas à masquer la réalité ; Dieudonné est raciste ! Comme aurait pu le dire un Desproges, Dieu lui a peut-être donné, mais lui à tout gâché !
Bloc, le 23 mars 2009
20 mars 2009
Laurence Parisot
1144 jours avant la fin de Bruni
Laurence Parisot
Chère Laurence Parisot, vous qui un temps avez incarné le renouveau du patronat français, vous en qui d’aucun voyait une nouvelle dynamique moderne, en phase avec la période, une ouverture au dialogue et à la négociation au bon sens du terme, vous qui vous présentiez comme une femme du 21ème siècle au service des entreprises…. bref, chère Laurence Parisot, vous qui remplaciez Ernest-Antoine Sellières, voilà qu’en quelques mois vous être devenue, ce que probablement vous avez toujours été au demeurant, un patron français, c'est-à-dire, rigoureusement le contraire de ce que vous sembliez incarner. Car il ne suffit pas de paraître pour être, il ne suffit pas de laisser penser pour convaincre, il ne suffit pas de parler… il faut aussi être et agir. Et justement ce que vous faites en ce moment autour notamment des « émoluments » de certaines de vos ouailles, ce que vous avez déclaré à propos de la journée de grève d’hier, vos attaque ab nominem contre la CGT sont autant de révélateurs des caractéristiques du patronat français. Le MEDEF est une organisation à ce point décalée de la société, de la vie réelle, voire même de l’économie qu’il en devient le premier frein. La crise mondiale et sa déclinaison française qui a marqué les errements du monde de la finance, prend en France une tournure particulière en ce sens qu’elle met en lumière l’incompétence de gens comme, vous chère Laurence Parisot, qui n’êtes en capacité de tirer aucune conséquence et conclusion du tsunami économique. Vous êtes finalement le digne successeur de Sellières et des maîtres de forges, vous auriez et assurez fort bien votre titre de présidente du MEDEF (Mouvement des Empêcheurs de Développer En France).
Bloc, le 20 mars 2009
18 mars 2009
Pierre Mauroy
1145 jours avant la fin de Bruni
Pierre Mauroy
Nous continuons dans la brochette des premiers ministres avec Pierre Mauroy. Lui il fut le premier premier ministre de Mitterrand entre 1981 et 1984. A l’opposé de bien de ces devanciers et de bine de ses suivants, il n’est pas un pur produit de l’ENA et est même avec Bérégovoy, l’un des rares chefs de gouvernements qui connu, même peu de temps, la condition ouvrière. Il a reçu la formation d’enseignant d’apprentissage et même enseigné 2 ans dans un lycée technique dans les années 50 (les lycées techniques des années 50 n’ont rien de commun avec ceux d’aujourd’hui). Du reste aujourd’hui encore lorsque Mauroy parle des ouvriers, ou plutôt s’offusque que le PS n’en parle pas assez, il est l »un des rares où ce qu’il dit à ce sujet paraît et est probablement sincère. Maire de Lille durant des années, il est natif de cette région et est assez largement imprégné de cette culture ouvrière, minière, sidérurgiste qui est encore un marquer fort de cette région. Au PS il a longtemps incarné une ligne modérée et dans les années 70 s’est même allié avec Rocard. Mais c’est surtout son mandat de premier ministre qui l’a mis au premier plan. Tous ceux qui ont chanté le soir du 10 mai 1981 la victoire de la gauche ont inévitablement apprécié ce qu’il fit durant les deux premières années de son hébergement à Matignon ; il a globalement fait une politique de gauche. Que ce soit socialement ou économiquement, (retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, les nationalisations…) entre 81 et 82, le compte y était… c’est après que les choses se sont aggravées. Il n’a jamais vraiment validé le tournant de 1984 de la rigueur qu’a imposé Mitterrand mais aussi Fabius et consort. Il a quitté le gouvernement, a vainement tenté de jouer un rôle dans les nombreuses crises qu’a traversé le PS et puis s’en est retourné à Lille, où il demeure aujourd’hui, malgré Martine Aubry, absolument incontournable. C’est au demeurant normal, c’est l’un des rares socialistes à parler clairement et simplement.
Bloc, le 19 mars 2009