26 février 2009
Laurent Wauquiez
1163 jours avant la fin de Bruni
Laurent Wauquiez
Jeune ministre ou plutôt sous-ministre, Laurent Wauquiez est en responsabilité auprès de madame Lagarde des questions d’emploi. Avoir confié le portefeuille de l’emploi aux finances est déjà une incongruité, mais alors en période de crise cela devient une absurdité. Confie-t-on la boîte de sucre aux diabétiques ? Mais qu’importe, Laurent Wauquiez, après avoir été porte-parole de Fillon est maintenant sous-ministre de l’emploi. Talentueux jeune homme de 34 ans, né à Lyon, il est, comme de coutume, énarque, c’est pour cela qu’il est talentueux, bien évidemment. C’est un arabophile convaincu et aurait sans doute été plus utile à développer les liens entre l’Egypte et la France, ce qu’il envisageait de faire lorsqu’il a rencontré Jacques Barrot l’inénarrable maire d’Yssingeaux qui l’a amené en politique où il rejoint l’UMP er devient un ami de Brice Hortefeux (à volonté) et par voie de conséquences de Mr Bruni. Beau parleur il est bombardé porte-parole du premier gouvernement Fillon en lieu et place de Mme Albanel, incapable de placer un mot derrière l’autre ce qui est un comble pour un porte-parole. De là, à sa demande, car le bougre est ambitieux et opportuniste, il est placé sous la férule et la tutelle de cette chère Françoise Lagarde aux questions de l’emploi. On parlait même de lui pour remplacer Barnier à l’agriculture, ce dernier ayant décidé d’aller prendre une tôle aux européennes. J’ai bien dit on parlait et pas on parle dans la mesure où ce cher Wauquiez vient d’être promu depuis l’annonce des chiffres catastrophiques de perte d’emploi en janvier (90.000 emplois perdus) au poste naturel maintenant de ministre du chômage !
Bloc, le 27 février 2009
25 février 2009
Edouard Balladur
1164 jours avant la fin de Bruni
Edouard Balladur
Quand il fut premier ministre (et oui il l’a été), Plantu aimait à la dessiner en Louis XV ou XVI, monarque absolu, au dédain égal au désamour qu’il pouvait avoir pour le « bas peuple ». Certes il s’agissait là de caricatures, mais chacun pouvait assez sensiblement s’y retrouver, tant l’homme pouvait apparaître (être ?) comme tel. Balladur s’est vu plus beau qu’il ne l’était et alors que l’Elysée, le croyait-il, lui tendait les bras, il a trouvé sur son chemin un certain Chirac, son ami de 30 ans, qui a trouvé saumâtre d’être laissé en plan par Edouard et son équipe au sein de laquelle on trouvait en vrac, Pasqua, Bayrou, Devedjian et un certain Nicolas S. Chirac a été élu et même réélu, et Edouard est rentré progressivement dans les oubliettes de l’histoire, jusqu’à ce que le petit Nicolas, S, devenu entre temps Bruni, ne fasse le nécessaire pour que, même un peu poussiéreux et vieilli, Balladur soit remis au devant de la scène, non pas comme ministre, faudrait quand même pas exagérer, mais comme grand expert. C’est ainsi qu’après avoir animé la commission qui a planché sur les modifications constitutionnelles, voilà qu’Edouard s’apprête à présenter le rapport de la seconde commission qu’il a animé celle qui traitait de l’épineuse question des niveaux et du nombre des collectivités territoriales. Bref d’une question central surtout au beau milieu d’une crise économique sans précédent. Décider du sort des deux Normandie ou du rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne est certes essentiel, définir les limites du « Grand Paris » pour finalement en ramener les frontières à l’ancien département de la Seine d’avant 1968 est tout autant décisif dans la période actuelle et surtout tellement plus important que de trouver des solutions aux questions accessoires du pouvoir d’achat, du chômage… c’est d’ailleurs pour cela que Mr Balladur a été sorti du formol !
Bloc, le 26 février 2009
24 février 2009
François Pérol
1165 jours avant la fin de Bruni
François Pérol
Pérol, jusqu’à présent était pour moi le méchant dans le Bossu ! C’est aujourd’hui le futur PDG de la banque, fruit de la fusion entre la caisse d’épargne et la banque populaire. C’est également le secrétaire général de l’Elysée, comme toi, l’ENA mène à tout… à condition d’en sortir. Il est accessoirement un ami, intime dit-on, de Mr Bruni, ce qui prouve que l’amitié mène à tout à condition de ne pas en sortir. L’état qui vient d’injecter quelques milliards dans le giron des banques et dont 2,5 pour la future banque du futur PDG, préfère semble t-il être payé en retour non pas comme en Grande Bretagne en rentrant au conseil d’administration desdites banques, ce qui pourtant relèverait de la plus élémentaire logique politique (et morale), mais plutôt en y plaçant quelques amis à la tête ne se bornant donc pas à contrôler, mais à diriger et même à décider. François Pérol est fort probablement comme tout énarque qui se respecte, tout à fait compétent, et même plus, il est sûrement un fort bon gestionnaire et un financier de haute volée, mais il est avant tout et surtout un excellent ami du roi, et rien que cela au sein d’une démocratie normalement constitué devrait l’empêcher d’accéder à la tête de la seconde banque du pays ! Mais que voulez vous au pays de Sully et de Colbert, il n’est de saine gestion qui ne soit validée et orchestrée par le monarque tout puissant…. même si au pays de Zola et de Blum, la république à quelques valeurs qui devraient conduire cet excellent Pérol à n’être plus que le futur-ex PDG de la grande banque fruit de la fusion entre caisse populaire et banque d’épargne !
Bloc, le 25 février 2009
Yves Jégo
1166 jours avant la fin de Bruni
Yves Jégo
Il en va des attributs ministériels comme des aléas météorologiques ; après la pluie, parfois… c’est la pluie ! Yves Jégo, secrétaire d’état aux DOM et aux TOM en fait l’amère expérience. La Guadeloupe, et la Martinique…. sont à 5000 KM de Paris et du salon de l’agriculture. Certes il y fait beau et chaud, certes, nous y sommes tous attachés, mais pas pour en faire le lancement d’une vague de contestation et pas pour en faire le laboratoire d’essai de ce que l’on entend habituellement entre Bastille et République ! Pour le gouvernement, Mr Bruni, Fillon et filiales, les Antilles c’est bon pour ramener des médailles aux J.O ou pour marquer des buts en foot, c’est bon pour y séjourner en hiver, c’est bon pour le tourisme… mais ce n’est pas fait pour lancer l’aube du grand soir ! Alors y envoyer Jégo, sans mandat, sans pouvoir, sans moyen, sans idée… voilà une idée qui est bonne. Jégo est parti, revenu, reparti, revenu et les problèmes demeurent. Pas question, lui demande-t-on, d’accepter une quelconque augmentation de salaire qui risquerait de faire jurisprudence en métropole… pas question jusqu’au moment où les carottes sont jugées trop cuites par Mr Bruni et ses amis et donc jusqu’au moment où ce qui était impossible le devient ! Yves Jégo, secrétaire d’état au DOM pour encore quelques jours découvre que l’on peut en même temps être ministre et pas au courant et lorsque on n’est pas au « courant… on fait fusible » comme tout bricoleur en électricité le sait.
Bloc, le 24 février 2009
19 février 2009
Un huissier de l'Elysée
1171 jours avant la fin de Bruni
Un huissier de l’Elysée
Pauvre huissier de l’Elysée ! Te voilà contraint de préparer le salon d’hiver du palais pour que ton patron Mr Bruni puisse y faire son show. Il a mis en scène et théâtralisé à souhait la rencontre avec les syndicats d’aujourd’hui. Tout doit bien se passer ! Un sommet social pas trop court (cela ferait échec), pas trop long (cela ferait enlisement), juste ce qu’il faut pour pouvoir faire le 20 heures de TF1 avec plein de choses à dire ! Pauvre huissier de l’Elysée, toi qui probablement percuté comme tes petits camarades salariés de France, de Navarre et même de Guadeloupe, n’attend qu’une seule chose c’est que ton salaire augmente. Après tout ton patron Mr Bruni ne t’avait-il pas promis à toi comme à tous qu’il serait le Président du pouvoir d’achat ? Et le voilà devenu le Président de la crise et de la récession ! Toi qui devait travailler plus pour gagner plus, te voilà en train d’installer la belle tribune où Bruni fera du Bruni sans que ton salaire n’ait en quoi que ce soit évolué… ce qui n’est pas le cas des prix. Pauvre huissier de l’Elysée, toi qui a préparé le voyage de Mr Bruni les Week-end dernier à Val d’Isère pour les championnats du monde de ski, alors que dans ta candeur naturel tu pensais que ton patron allait quand même aller du côté des Antilles où tes camarades prennent le taureau par les cornes ! Pauvre huissier de l’Elysée encore une sale journée !
Bloc le 19 février 2009
Quelques jours sans chroniques vous feront le plus grand bien…
… à moi aussi.
Retour le 24 février !
17 février 2009
Jacques Marseille
1172 jours avant la fin de Bruni
Jacques Marseille
Dans la famille des néolibéraux plus néolibéraux que néolibéraux, j’ai le « père ». Car enfin comment qualifier autrement ce libéral fou furieux qu’est Jacques Marseille. Tout ce qui pourrait servir à réguler l’économie, tout ce qui peut « normer », tout ce qui serait utile à la cohésion sociale, tout ce qui est SMIC, voire même sécu et retraite par répartition, tout ce qui encadrerait les profits, les crédits …. bref tout ce qui aurait pu éviter ou à tout le moins amoindrir la crise, Jacques Marseille, le voue aux gémonies ! Pour Marseille, la relance par la consommation c’est le retour à l’URSS, les plans de relance américains et européens sont autant de déviation à la logique la plus élémentaire, celle du seul marché qui fait, pense, agit pour le peuple. Jacques Marseille est à l’économie ce que Torquemada est à la tolérance et ce que Mme Lagarde est à la compétence ! Il faut dire que (n’en déplaise à mon ami André qui se reconnaîtra) quand on s’appelle Marseille, on ne peut guère faire autrement que dans l’outrance la plus caricaturale ! Ah s’il s’appelait Jacques Lille, il ne fait guère de doute que son propos serait plus emprunt d’une réserve et même d’une plus grande modestie qui par exemple lui aurait évité par exemple de dire de la crise qu’elle était psychologique ! Voyez Monsieur Marseille, un peu comme le corps humain, il convient régulièrement d’évacuer ce qui trouble l’organisme, et bine c’est exactement ce qu’il conviendrait de faire avec les thèses que vous défendez avec vigueur, évacuons les une fois pour toute, le monde n’en ira que mieux, et puis je suis sûr qu’au musée des erreurs votre œuvre figurera en bonne place à côté des assignats de Law ou de l’emprunt Russe !
Bloc, le 18 février 2009
16 février 2009
Daniel Bouton
1173 jours avant la fin de Bruni
Daniel Bouton
Daniel Bouton est le PDG de la société générale. C’est notamment l’un des hommes les mieux payé de France. Parmi les PDG et dirigeants de banque, Bouton n’est sans doute pas le pire, ce n’est sans doute pas le meilleur non plus. Daniel Bouton a la particularité d’avoir été le premier PDG du secteur bancaire montré du doigt à travers l’affaire Kerviel où sa banque avait perdu 5 milliard d’euros…avant la déroute de la crise, c’est dire si les 5 milliards de Kerviel paraissent aujourd’hui presque ridicules. Daniel Bouton a fait l’objet de bien des pressions pour quitter ses fonctions. Nombreux sont ceux qui pensaient et pensent qu’un minimum doit pouvoir être demandé aux responsables et parmi ce minimum, de démissionner lorsque qu’on a mis en péril l’entreprise qu’on dirige. Mais Daniel Bouton pense tout autrement. Il est convaincu, à l’instar de tous ces collègues PDG qu’il ne saurait être question d’être considéré comme responsable d’une crise financière mondiale, quand à Kerviel, c’est à lui, Kerviel, de rendre des comptes devant la justice de son pays, le pauvre Bouton n’y étant pour pas plus que cela. Donc, Daniel Bouton est toujours PDG de la générale. Il est toujours aussi perclus de certitude et avec une morgue qui n’a d’égal que son mépris pour le commun des mortels, il continue d’asséner ses vérités à qui veut bien les entendre. Même en Grande Bretagne, pays où le libéralisme est roi, les PDG des banques sont venus présentés leurs excuses au Parlement après la déroute financière dont, même partiellement, ils s’estiment responsables. Pas question de cela pour Bouton, lui continue sur son chemin imperturbable dans sa ligne de conduite. Il va même dans une interview jusqu’à dispenser quelques conseils sur la « bonne gestion », un peu à la Madoff ou à la Greenspan, si vous voyez ce que je veux dire. Avec le pédigrée de Bouton, il ne reste plus aux clients et salariés de la Générale, qu’à espérer que le Bouton en question ne fleurira pas !
Bloc, le 17 février 2009
15 février 2009
Aimé Césaire
1174 jours avant la fin de Bruni
Aimé Césaire
Il nous a quitté il n’y a pas un an. Lui qui fut un apôtre de la négritude et un anticolonialiste résolu aurait probablement apprécié que les Antilles fassent entendre leur voix dans une période où la crise à bon dos sous le soleil et où derrière les difficultés économiques d’un monde devenu fou, une crise identitaire pour ne pas dire raciale n’en finit plus d’émerger. Que ce soit Guadeloupe ou la Martinique mais aussi la Réunion et la Guyane, il n’est plus question de nier ou de masquer que ce qui s’y passe n’est pas anodin. La métropole qui s’est tant réjouie de l’élection d’un noir à la maison blanche peut elle à ce point ne traiter que comme une banale crise sociale le cri pousser de Point à Pitre à Fort de France et de Sainte Denis de la Réunion à Cayenne ? Bien sûr, la question du pouvoir d’achat est réelle là-bas comme ailleurs en métropole, mais que personne ne s’y trompe à commencer par Yves Jégo et Mr Bruni, le fait que plus de 80% des emplois et postes à responsabilité soient détenus, dans les DOM, par des blancs ou par les descendants des propriétaires, n’est pas anodin et procède même d’un évident déséquilibre. Il n’est pas question d’indépendance ou de quoi que ce soit qui soit de nature à interpeler autrement qu’à travers la nécessité de prendre les préceptes d Aimé Césaire pour ce qu’ils sont, à savoir une impérieuse nécessité et surtout le respect de la plus élémentaire humanité. Et si aux Antilles, la France retrouvait ses racines des lumières qui on fait d’elle le pays des Droits de l’Homme ?
Bloc, le 16 février 2009
13 février 2009
De Margerie
1179 jours avant la fin de Bruni
Christophe Gabriel Jean-Marie Jacquin de Margerie
Quand on s’appelle comme cela, on doit pouvoir rentrer à cheval dans une église ! En tout cas ce monsieur au nom à rallonge et à particule qui par ailleurs est l’un des descendants de la famille Taittinger, à défaut de monture n’en est pas moins l’actuel PDG du groupe Total. Le groupe Total celui dont les bénéfices 2008 sont aussi longs que le nom de son PDG. En 2008, Total a en effet revendique le bénéfice le plus grand jamais réalisé par une entreprise française, c’set à dire 15 milliards d’euros. Si vous vous posez la question de la cause de ce bénéfice démesuré, n’allez surtout pas croire que le coût des carburants en 2008 y est pour quoique ce soit. Que nenni ! Il est tellement évident que les prix des carburants exorbitants de 2008 étaient total(ement) dus à l’augmentation du baril de pétrole et que jamais au grand jamais, total n’a cherché à faire une quelconque plus value avec les tensions internationales ! Total ne s’est pas fait prendre la main dans le pot de confiture ! Et pour cause, Total est à la fois la main et le pot ! Nous sommes donc bien loin du cynisme de PSA qui à peine a-t-il touché la manne des trois milliards de Mr Bruni s’empresse d’annoncer 11.000 suppressions d’emplois, en qualifiant l’hygrométrie des licenciements comme « pas sec » ! Non chez Total, on est plus éthique, les bénéfices sont annoncés 11 jours avant que ne démarre le procès de l’Erika où le pétrolier est mis en cause clairement et bien évidemment ne manquera pas d’indemniser les victimes à la bonne hauteur sans faire appel du jugement et sans faire jouer les dizaines d’avocats qui travaillent pour lui pour trouver de faille au jugement ! Et puis chez Total on va sûrement partager équitablement le bénéfice entre actionnaires salariés et investissements. Chez Total, quand s’appelle Christophe-Gabriel-Jean-Marie Jacquin de Margerie, on n’en est pas moins un homme !
Bloc, le 13 février 2009
12 février 2009
Mirek Topolonek
1178 jours avant la fin de Bruni
Mirek Topolonek
Mirek Topolonek est le premier ministre de la république de Tchéquie. C’est un homme de droite, libéral à souhait. Il n’est pas spécialement européen mais se trouve pour 6 mois avec son pays à la tête du conseil européen, après les 6 mois de Mr Bruni. Evidemment, Mr Bruni n’en est pas de plus satisfait, tant il estimait qu’un tchèque, fut-il de droite, est parfaitement incapable de lui succéder. Comment Mirek pourrait-il faire le quart de la moitié de ce que lui Bruni a fait en 6 mois ? Quoiqu’il en soit, les règles étant ce qu’elles sont, Mirek et son pays ont pris la présidence de l’Europe le 1er janvier. Mirek en bon libéral est intervenu pas plus tard que le week-end dernier pour critiquer vertement l’intervention de Mr Bruni à la télévision de jeudi, et notamment les aides accordées aux constructeurs automobiles (6 milliards d’euros) conditionnées par l’engagement de ne pas délocaliser d’usines hors de France. La proposition de Bruni n’est pas la plus idiote qui soit, mais par contre elle est, de fait, contre les conventions européennes qui interdisent tous les protectionnismes intra-européen ! Logique donc que Mirek le dise d’autant plus qu’il vit assez mal les critiques récurrentes du même Bruni contre la prétendue inaction tchèque à la présidence européenne. Bref, le torchon brule entre Paris et Prague, est-ce vraiment raisonnable, au cœur d’une crise mondiale, d’ouvrir un combat de coq entre Bruni et Topolonek ? Non cela n’est guère brillant, de là à dire que le tchèque est mat !
Bloc, le 12 février 2009